Archives de Tag: Prix Goncourt

Pas d’inquiétude, la jeunesse va bien !

Heureusement, il y a Actes Sud et quelques autres,

Heureusement, il y a encore des auteurs dont l’écriture exprime du début à la fin l’amour des mots, et même de la ponctuation. En 2008, Mathias Enard avait signé Zone, roman sans respiration graphique, à part quelques virgules. Une seule phrase, on aime ou on n’aime pas, mais on ne peut que saluer l’exercice de style.

Je ne puis que recommander ce livre au titre exceptionnel (emprunté à Kipling) que j’ai déjà offert deux fois. Un (trop) court voyage à Constantinople, en 1506, avec Michel-Ange, venu à la demande du sultan Bajazet concevoir un pont sur la Corne d’Or.

Si d’aucuns trouvent la « jeunesse » bien inconséquente quand elle manifeste pour sa retraite, je la trouve pour ma part très responsable dans ses choix littéraires. Loin de s’encombrer de considérations marketing ou d’états d’âme déplacés du type : « il était temps de lui donner un prix, quand même », elle évite les pièges d’une liste minée et se contente de récompenser le talent.

A défaut du grand soir, voilà qui nous promet quelques matins littéraires qui chantent…

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Où va le Goncourt ?

Oyez, oyez, Michel Houellebecq a ENFIN reçu le Goncourt, lit-on partout. La plus grande récompense littéraire française, dotée de… 10 €, mais aux retombées colossales.

On arriverait presque à nous faire passer Houellebecq pour le Scorsese de la littérature française…

Rappelons qu’en 1919, le Goncourt sacrait Marcel Proust pour A l’ombre des jeunes filles en fleurs ; ou qu’en 1933, André Malraux était lauréat pour La Condition humaine... A l’instar de Julien Gracq, Simone de Beauvoir ou Romain Gary quelques années plus tard. L’année dernière, Trois femmes puissantes de Marie Ndiaye avait été récompensé par le jury. Même si je n’ai pas particulièrement aimé ce roman, le travail d’écriture m’avait impressionnée : une très belle plume, des phrases ciselées, où chaque mot et chaque virgule (fondamentale, la virgule) sont à leur place.

Niveau écriture, niveau thème, niveau syntaxe, niveau talent, le Goncourt 2010 n’a rien à voir.  Une rupture dans l’air du temps ? Sans jouer les « regretteurs d’hier« , comme l’écrit Souchon, on notera simplement que les choses changent, et pas toujours en bien (pardon pour le truisme).

Je n’ai pas, comme beaucoup de gens, de « problème » avec Houellebecq. J’aime bien son air un peu Pierrot, son côté anti-écrivain, je le trouve presque attachant. J’ai par contre (beaucoup) plus de mal avec ses livres dont je n’aime que les titres (ça joue, dans l’impulsion d’achat). J’ai acheté La Carte et le Territoire quand il est sorti. Près de deux mois plus tard, j’en suis toujours à la page 150, je m’interroge encore pour savoir comment j’ai réussi à en lire 149. Outre le fait que je n’arrive pas à entrer dans l' »intrigue », je trouve certains passages tellement mal écrits qu’ils virent à la caricature… Je ne nie pas les fulgurances, mais, vraiment, de là à recevoir le Goncourt…

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