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Le jour où Nina Simone a arrêté de chanter

Sous la plume de Mohamed Kacimi, Darina Al-Joundi parle de son pays, le Liban, et de la liberté politique, religieuse, sociale, culturelle, amoureuse, sexuelle… Ecrit après le succès de la comédienne au Théâtre d’Avignon, ce livre, en peu de mots, raconte l’histoire du Liban contemporain et de la vie quotidienne d’une femme élevée par un père aux idées profondément libertaires, bien peu en phase avec la réalité politique du Liban d’alors. Le lecteur se rend compte de ce décalage dès les premières pages. Le récit s’ouvre en effet sur la scène d’enterrement de ce père adoré, et Darina tente de faire respecter ses dernières volontés : « Ma fille, fais gaffe à ce que ces chiens ne mettent pas du Coran le jour de ma mort », en passant Nina Simone à la place, ce qui, évidemment, ne se révèle pas du goût de tout le monde… Et Darina Al-Joundi entraîne ensuite le lecteur dans son enfance, son adolescence et sa vie, faite de violence, de haine et d’excès. Quelle réponse apporte la société à son refus affiché des règles ?

J’ai acheté ce livre un peu par hasard, après m’être souvenue d’une critique entendue il y a longtemps sur son triomphe à Avignon. Facile et rapide à lire, Le jour où Nina Simone a cessé de chanter a été l’occasion de découvrir une réalité que je connaissais jusqu’à présent assez mal, et de la manière la plus intéressante qui soit : en plongeant dans le quotidien et dans les choix d’une femme en décalage absolu avec les convenances sociales et religieuses, qui ne nous épargne rien de ses excès (sexe, drogue, alcool, violence…) qu’elle raconte de manière presque impudique… Mais sans jamais sombrer dans la caricature : du début à la fin, cette petite fille qui mordait tout le monde, et surtout sa soeur, reste très attachante.

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Lectures d’été

Pas question pour ma part de partir en vacances sans une trousse de toilette pleine à craquer, certes, mais aussi sans au moins 5 ou 6 livres à bouquiner. Une amie me demandait la semaine dernière ce que je lui conseillais : voilà un petit melting-pot des livres avec lesquels j’adorerais partir… Si je ne les avais pas déjà lus !

Pour rêver un peu :

La théorie des nuages, Stéphane Audeguy. Un livre que j’ai beaucoup offert, mais qui n’a pas forcément fait l’unanimité… D’aucuns ont eu un peu de mal à « rentrer » dans l’histoire. Moi, j’ai adoré l’écriture de mon ancien prof, brillante et pudique, très documentée, où chaque virgule est à sa place. C’était son premier roman, un premier roman plein de poésie.

« Il est question de nuages et Virginie Latour commence à comprendre. Elle comprend qu’au début du dix-neuvième siècle quelques hommes anonymes et muets, disséminés dans toute l’Europe, ont levé les yeux vers le ciel. Ils ont regardé les nuages avec attention, avec respect même ; et, avec une sorte de piété tranquille, ils les ont aimés. »

Pour l’adorer un peu plus :

Chroniques, Bob Dylan. Le premier tome de l’autobiographie de Dylan, sa découverte de New York, ses amitiés, ses amours, ses débuts. Une manière singulière de traiter la temporalité (peu de dates, par exemple), une écriture dense et poétique…  On découvre dans ces Chroniques l’homme plus que le mythe. Pour qui aime l’artiste, c’est passionnant.

«Je ne cherchais pas l’amour, je ne cherchais pas l’argent. La conscience aiguisée, j’étais déterminé, irréaliste et visionnaire par-dessus le marché. Je ne connaissais pas âme qui vive dans cette mégapole noire et gelée, mais ça allait changer.»

Pour un peu de légèreté

La Délicatesse, David Foenkinos. Je suis venue à Foenkinos par Le potentiel érotique de ma femme, j’avais beaucoup aimé sa plume légère et si juste. J’ai lu La Délicatesse dès qu’il est sorti en librairie. Une lecture délicieuse, parsemée de petites références amusantes. Il y a un peu d’Amour en fuite, quelques définitions… Le sujet ? Nathalie et François sont très amoureux. Un jour, il part faire son jogging, elle est en train de lire ; il ne reviendra pas. Le marque-page restera à la page 321 du roman russe qu’elle était en train de lire. Deuil impossible pour Nathalie jusqu’au jour où elle embrasse Markus, le plus insignifiant de ses collègues, qui n’a a priori absolument rien pour plaire.

« Il passait par là, elle l’avait embrassé sans réfléchir. Maintenant, elle se demande si elle a bien fait. C’est l’histoire d’une femme qui va être surprise par un homme. Réellement surprise. »

Pour plein de choses en même temps :

D’autres vies que la mienne, Emmanuel Carrère. Une lecture très tardive de ce roman sorti au printemps de l’année dernière et maintes fois primé. Je ne l’ai jamais acheté, malgré son titre que je trouvais très beau (ce qui suffit souvent à me faire acheter un livre) gênée par la démarche de l’auteur que j’ai toujours trouvé très narcissique, et aussi parce que je pensais qu’il fallait être au top de sa forme pour le lire.

On me l’a offert pour mon anniversaire, je l’ai lu en deux nuits. On ne sort pas indemne de ce récit. A travers deux drames vécus à quelques mois d’intervalle (la mort d’une petite Juliette, 4 ans, victime du tsunami en décembre 2004, et d’une autre Juliette, 30 ans, soeur de sa compagne, qui meurt l’année suivante d’un cancer), Carrère change sa manière d’être et de vivre pour s’ouvrir à d’autres vies que la sienne et devenir, enfin, serein et « disposé » au bonheur.

« À quelques mois d’intervalle, la vie m’a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d’un enfant pour ses parents, celle d’une jeune femme pour ses enfants et son mari.
Quelqu’un m’a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n’écris-tu pas notre histoire ? C’était une commande, je l’ai acceptée. C’est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l’amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d’un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s’occupaient d’affaires de surendettement au tribunal d’instance de Vienne (Isère). Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d’extrême pauvreté, de justice et surtout d’amour. Tout y est vrai. »

Et parce que c’est l’été, et qu’un été sans polar ce n’est pas un « vrai » été :


L’oiseau de mauvais augure, Camilla Läckberg, la « Reine du polaire »(hahaha), comme l’avait qualifiée Libé en 2009. L’intrigue est bien ficelée et le dénouement plutôt… Inattendu.

« L’inspecteur Patrik Hedström est sur les dents. Il voudrait participer davantage aux préparatifs de son mariage avec Erica Falck, mais il n’a pas une minute à lui. La ville de Tanumshede s’apprête en effet à accueillir une émission de téléréalité et ses particiapants avides de célébrité, aussi tout le commissariat est mobilisé pour éviter les débordements de ces jeunes incontrôlables. Hanna Kruse, la nouvelle recrue, ne sera pas de trop. D’autant qu’une femme vient d’être retrouvée morte au volant de sa voiture, avec une alcoolémie hors du commun. La scène du carnage rappelle à Patrik un accident similaire intervenu des années auparavant. Tragique redite d’un fait divers banal ou macabre mise en scène ? Un sombre pressentiment s’empare d’ l’inspecteur. Très vite, alors que tout le pays a les yeux braqués sur la petite ville, la situation s’emballe. L’émission de téléréalité dérape. Les cadavres se multiplient. Un sinistre schéma émerge… »

Et moi du coup, je pars avec quoi ?

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