Archives de Tag: Littérature

Karl L. selon Michel H.

Personne n’échappe à l’écriture caricaturale de Michel H. … Même pas Karl ! Un petit mélange entre le Saxon barbare, le chevalier teutonique et le paysan allemand. C’est ça, c’est lui !

Finalement, la critique n’avait pas été si unanime que cela… J’avais raté Naulleau, j’ai bien ri, a posteriori.

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Le jour où Nina Simone a arrêté de chanter

Sous la plume de Mohamed Kacimi, Darina Al-Joundi parle de son pays, le Liban, et de la liberté politique, religieuse, sociale, culturelle, amoureuse, sexuelle… Ecrit après le succès de la comédienne au Théâtre d’Avignon, ce livre, en peu de mots, raconte l’histoire du Liban contemporain et de la vie quotidienne d’une femme élevée par un père aux idées profondément libertaires, bien peu en phase avec la réalité politique du Liban d’alors. Le lecteur se rend compte de ce décalage dès les premières pages. Le récit s’ouvre en effet sur la scène d’enterrement de ce père adoré, et Darina tente de faire respecter ses dernières volontés : « Ma fille, fais gaffe à ce que ces chiens ne mettent pas du Coran le jour de ma mort », en passant Nina Simone à la place, ce qui, évidemment, ne se révèle pas du goût de tout le monde… Et Darina Al-Joundi entraîne ensuite le lecteur dans son enfance, son adolescence et sa vie, faite de violence, de haine et d’excès. Quelle réponse apporte la société à son refus affiché des règles ?

J’ai acheté ce livre un peu par hasard, après m’être souvenue d’une critique entendue il y a longtemps sur son triomphe à Avignon. Facile et rapide à lire, Le jour où Nina Simone a cessé de chanter a été l’occasion de découvrir une réalité que je connaissais jusqu’à présent assez mal, et de la manière la plus intéressante qui soit : en plongeant dans le quotidien et dans les choix d’une femme en décalage absolu avec les convenances sociales et religieuses, qui ne nous épargne rien de ses excès (sexe, drogue, alcool, violence…) qu’elle raconte de manière presque impudique… Mais sans jamais sombrer dans la caricature : du début à la fin, cette petite fille qui mordait tout le monde, et surtout sa soeur, reste très attachante.

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Pas d’inquiétude, la jeunesse va bien !

Heureusement, il y a Actes Sud et quelques autres,

Heureusement, il y a encore des auteurs dont l’écriture exprime du début à la fin l’amour des mots, et même de la ponctuation. En 2008, Mathias Enard avait signé Zone, roman sans respiration graphique, à part quelques virgules. Une seule phrase, on aime ou on n’aime pas, mais on ne peut que saluer l’exercice de style.

Je ne puis que recommander ce livre au titre exceptionnel (emprunté à Kipling) que j’ai déjà offert deux fois. Un (trop) court voyage à Constantinople, en 1506, avec Michel-Ange, venu à la demande du sultan Bajazet concevoir un pont sur la Corne d’Or.

Si d’aucuns trouvent la « jeunesse » bien inconséquente quand elle manifeste pour sa retraite, je la trouve pour ma part très responsable dans ses choix littéraires. Loin de s’encombrer de considérations marketing ou d’états d’âme déplacés du type : « il était temps de lui donner un prix, quand même », elle évite les pièges d’une liste minée et se contente de récompenser le talent.

A défaut du grand soir, voilà qui nous promet quelques matins littéraires qui chantent…

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Où va le Goncourt ?

Oyez, oyez, Michel Houellebecq a ENFIN reçu le Goncourt, lit-on partout. La plus grande récompense littéraire française, dotée de… 10 €, mais aux retombées colossales.

On arriverait presque à nous faire passer Houellebecq pour le Scorsese de la littérature française…

Rappelons qu’en 1919, le Goncourt sacrait Marcel Proust pour A l’ombre des jeunes filles en fleurs ; ou qu’en 1933, André Malraux était lauréat pour La Condition humaine... A l’instar de Julien Gracq, Simone de Beauvoir ou Romain Gary quelques années plus tard. L’année dernière, Trois femmes puissantes de Marie Ndiaye avait été récompensé par le jury. Même si je n’ai pas particulièrement aimé ce roman, le travail d’écriture m’avait impressionnée : une très belle plume, des phrases ciselées, où chaque mot et chaque virgule (fondamentale, la virgule) sont à leur place.

Niveau écriture, niveau thème, niveau syntaxe, niveau talent, le Goncourt 2010 n’a rien à voir.  Une rupture dans l’air du temps ? Sans jouer les « regretteurs d’hier« , comme l’écrit Souchon, on notera simplement que les choses changent, et pas toujours en bien (pardon pour le truisme).

Je n’ai pas, comme beaucoup de gens, de « problème » avec Houellebecq. J’aime bien son air un peu Pierrot, son côté anti-écrivain, je le trouve presque attachant. J’ai par contre (beaucoup) plus de mal avec ses livres dont je n’aime que les titres (ça joue, dans l’impulsion d’achat). J’ai acheté La Carte et le Territoire quand il est sorti. Près de deux mois plus tard, j’en suis toujours à la page 150, je m’interroge encore pour savoir comment j’ai réussi à en lire 149. Outre le fait que je n’arrive pas à entrer dans l' »intrigue », je trouve certains passages tellement mal écrits qu’ils virent à la caricature… Je ne nie pas les fulgurances, mais, vraiment, de là à recevoir le Goncourt…

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Le Chat du Rabbin

J’aime énormément l’univers qu’a su créer Joann Sfar dans cette série que j’ai découverte aux hasards des suppléments BD de Libé, un été. Dans le quartier juif de l’Alger du début du XXe siècle, le chat du Rabbin, capable de parler depuis qu’il a mangé le perroquet de Zlabya, la fille du rabbin, expose ses questionnements métaphysiques. Ce chat, doté d’un physique particulièrement ingrat avec ses grandes oreilles, son absence de poils et sa silhouette rachitique tente de répondre à cette question : « peut-on apprendre la Torah à un chat (qui parle) ? » Il doit en effet devenir un bon juif pour pouvoir continuer à passer du temps avec Zlabya. Mais loin d’apprendre bêtement, le chat pose des questions plus que pertinentes et n’hésite pas à contredire le rabbin et à questionner des points de doctrine. Il porte également un regard critique et amusant sur les « croyants » ; les amies de sa maîtresse… Après avoir aidé son maître à réussir une dictée (condition sine qua non pour qu’il conserve son poste de rabbin), le chat perd la parole… Il a osé invoquer le nom de l’Eternel… Je n’en dis pas plus !

C’est drôle (pas du tout « prise de tête », comme on pourrait le penser), très fin, superbement illustré (après, on aime ou pas le dessin de Sfar…) et l’atmosphère de l’Alger du début du siècle dernier est très bien recréée.

En bref, c’est l’une des séries de bandes dessinées que je relis régulièrement avec un plaisir toujours renouvelé… Et c’est suffisamment rare pour être noté !

Tome 1 : La Bar-Mitsva

Tome 2 : Le Malka des Lions

Tome 3 : L’exode

Tome 4 : Le Paradis Terrestre

Tome 5 : Jérusalem d’Afrique

L’adaptation cinématographique sous la forme d’un film d’animation en 3D sortira fin mars 2011, avec notamment les voix de François Morel (le chat), Maurice Bénichou (le rabbin) et Hafsia Herzi (Zlabya)

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