Archives de Tag: Film

Potiche, moi ?

Un mois après sa sortie… Mieux vaut tard que jamais !

Je ne suis pourtant pas spécialement fan de l’univers de François Ozon, mais là, j’ai adoré. Le film est librement adapté d’une pièce de boulevard signée Barillet et Grédy et se révèle très réjouissant. Une Catherine Deneuve en grande forme, aussi gracieuse en survêtement Adidas rouge qu’en petite robe en mousseline fleurie, « Potiche mais pas cruche », un Fabrice Luchini parfait en patron d’une usine de parapluies qui emprunte quelques répliques cultes de notre cher Président (entre autres, le si châtié « casse-toi, pauv’ con » ainsi que quelques préceptes heureux du type « travailler plus pour gagner plus »), une Judith Godrèche insupportable avec ses positions réac, son brushing très Dallas et son côté fille à papa, un Jérémie Rénier déguisé en Cloclo qui n’est pas vraiment le fils de son père, une Karine Viard secrétaire-maîtresse du patron qui finit par passer secrétaire de la patronne, et Gérard Depardieu parfait (et attachant) en député-maire communiste.

Beaucoup de comique, un peu de nostalgie…

Potiche utilise les codes du théâtre de boulevard en les actualisant, et on passe vraiment un bon moment.

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Facebook me (not)

J’ai été voir ce week-end le très attendu « The Social Network », de David Fincher, qui retrace la création de Facebook et révèle quelques facettes pour le moins obscures de son (co-) fondateur, le milliardaire Mark Zuckerberg.

Premier constat : on est loin du nerd sympathique et attachant. Le film s’ouvre sur une scène de rupture avec sa petite amie Erica (on se demande d’ailleurs, à l’entendre parler, comment Zuckerberg a réussi à sortir avec une fille : outre sa conversation peu passionnante -c’est certes subjectif-, il apparaît imbu de lui-même, n’hésitant pas à la rabaisser). De retour chez lui, il sort quelques bières, s’installe devant son ordinateur, son meilleur ami, et commence à blogger (où est le carton de pizza ?)…

En bon asocial aigri (le paradoxe entre le concept même de Facebook, la mise en relation des individus, et son « créateur », très seul, est assez saisissant), il en profite pour cracher sur son ex de manière peu élégante et tenir des propos insupportables sur les femmes… A l’encre, comme elle lui dira plus tard, et pas au crayon. C’est là  toutes les limites d’Internet… On écrit ce qu’on veut, sur qui on veut.  Germe bientôt l’idée de pirater les sites des fraternités pour récupérer les photos des filles du campus et permettre aux garçons, grâce à un algorithme, de les classer. La fréquentation explose, et le serveur d’Harvard plante. Zuckerberg passe en conseil de discipline.

Mais l’opération a le mérite de faire connaître ses « talents » (indéniables) à trois autres étudiants, incarnation de l’Harvard d’antan, avec son code de l’honneur un peu désuet, qui décident de l’engager pour mettre en ligne un réseau social réservé aux étudiants de la prestigieuse université. Les deux jumeaux Winklevoss sont aux antipodes de Zuckerberg : très sportifs, athlétiques, ayant reçu une éducation à l’ancienne…

Zuckerberg les promène pendant plus d’un mois, pour finir par lancer dans leur dos, avec l’aide financière de son meilleur ami Edouardo qui n’est pas au courant de cette usurpation, « The Facebook ». La suite, on la connaît : le site perd son « The », essaime rapidement dans toutes les plus grandes écoles américaines avant de gagner (j’ai presque envie de dire « gangréner ») l’Europe. Le meilleur ami et associé des débuts se retrouve évincé de l’affaire, Facebook devient « the site to be » et Zuckerberg milliardaire.

The Social Network apporte donc un éclairage intéressant bien qu’un peu complaisant sur la personnalité de Zuckerberg. Complaisant dans le sens où il apparaît presque attachant, avec ses tongs et ses tee-shirts trop grands. Il semble victime de son succès, un peu comme si, à part la technique, il n’était responsable de rien, qu’il était le premier surpris de sa réussite. Les faits font pourtant ressortir un personnage peu élégant, et par certains côtés un peu flippant.

Facebook a le mérite de poser la question des conséquences du progrès technologique sur nos vies privées, question qui nous conduit à nous demander si progrès technologique = progrès « humain »… C’est là tout le talent de ce site : même si l’on en arrive à la conclusion que non, Facebook, ce n’est pas forcément un progrès, du moins pas à tous les niveaux… Le site est tellement implanté qu’on peut difficilement s’en passer, au risque d’être « marginalisé ». Reste à composer entre la praticité de l’outil et ses dérives…
Et à apprendre à maîtriser ses « privacy settings ».

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Des hommes et des dieux

J’étais petite en 1996, mais je me souviens très bien du flash qui passait en boucle sur France Info pour annoncer la mort des moines cisterciens de Tibéhirine (toujours non élucidée). Je crois bien que, de tous les événements horribles qui ont émaillé la guerre civile en Algérie, c’est celui qui m’a le plus marquée.

Alors bien sûr, quand j’ai entendu parler du film de Xavier Beauvois, j’ai su que j’irais… Et après avoir été très touchée par le Prix du Jury reçu à Cannes, j’ai attendu sa sortie avec impatience.

Ce film retrace le parcours de ces moines chrétiens en terre musulmane pendant les mois qui ont précédé leur assassinat (ils ont été décapités…), alors que la terreur régnait en Algérie. Malgré la menace qui pesait sur eux, ils ont refusé de rentrer en France, tout comme ils ont refusé la protection de l’armée. Beauvois filme leur cheminement spirituel, leur manière d’appréhender la mort, leur cohésion dans la peur, dans le très beau cadre des paysages sauvages de l’Atlas.

La mise en scène, conforme à l’idéal cistercien, est austère, dépouillée et puissante. Si les moments de chant et de prière jalonnent le film, ceux de partage avec les villageois sont tout aussi émouvants.

Le film, intimiste et très réaliste, est bouleversant, à l’image du chemin de vie qu’a décidé d’emprunter, derrière Frère Christian (Lambert Wilson, formidable dans le rôle), toute la communauté. La scène du dernier repas que partagent les moines en écoutant le Lac des Cygnes est intense et magnifique.

Lambert Wilson dit au sujet du film « J’ai touché là un essentiel qui me correspond très bien ».

Allez-y.

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