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Le Chat du Rabbin

J’aime énormément l’univers qu’a su créer Joann Sfar dans cette série que j’ai découverte aux hasards des suppléments BD de Libé, un été. Dans le quartier juif de l’Alger du début du XXe siècle, le chat du Rabbin, capable de parler depuis qu’il a mangé le perroquet de Zlabya, la fille du rabbin, expose ses questionnements métaphysiques. Ce chat, doté d’un physique particulièrement ingrat avec ses grandes oreilles, son absence de poils et sa silhouette rachitique tente de répondre à cette question : « peut-on apprendre la Torah à un chat (qui parle) ? » Il doit en effet devenir un bon juif pour pouvoir continuer à passer du temps avec Zlabya. Mais loin d’apprendre bêtement, le chat pose des questions plus que pertinentes et n’hésite pas à contredire le rabbin et à questionner des points de doctrine. Il porte également un regard critique et amusant sur les « croyants » ; les amies de sa maîtresse… Après avoir aidé son maître à réussir une dictée (condition sine qua non pour qu’il conserve son poste de rabbin), le chat perd la parole… Il a osé invoquer le nom de l’Eternel… Je n’en dis pas plus !

C’est drôle (pas du tout « prise de tête », comme on pourrait le penser), très fin, superbement illustré (après, on aime ou pas le dessin de Sfar…) et l’atmosphère de l’Alger du début du siècle dernier est très bien recréée.

En bref, c’est l’une des séries de bandes dessinées que je relis régulièrement avec un plaisir toujours renouvelé… Et c’est suffisamment rare pour être noté !

Tome 1 : La Bar-Mitsva

Tome 2 : Le Malka des Lions

Tome 3 : L’exode

Tome 4 : Le Paradis Terrestre

Tome 5 : Jérusalem d’Afrique

L’adaptation cinématographique sous la forme d’un film d’animation en 3D sortira fin mars 2011, avec notamment les voix de François Morel (le chat), Maurice Bénichou (le rabbin) et Hafsia Herzi (Zlabya)

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Des hommes et des dieux

J’étais petite en 1996, mais je me souviens très bien du flash qui passait en boucle sur France Info pour annoncer la mort des moines cisterciens de Tibéhirine (toujours non élucidée). Je crois bien que, de tous les événements horribles qui ont émaillé la guerre civile en Algérie, c’est celui qui m’a le plus marquée.

Alors bien sûr, quand j’ai entendu parler du film de Xavier Beauvois, j’ai su que j’irais… Et après avoir été très touchée par le Prix du Jury reçu à Cannes, j’ai attendu sa sortie avec impatience.

Ce film retrace le parcours de ces moines chrétiens en terre musulmane pendant les mois qui ont précédé leur assassinat (ils ont été décapités…), alors que la terreur régnait en Algérie. Malgré la menace qui pesait sur eux, ils ont refusé de rentrer en France, tout comme ils ont refusé la protection de l’armée. Beauvois filme leur cheminement spirituel, leur manière d’appréhender la mort, leur cohésion dans la peur, dans le très beau cadre des paysages sauvages de l’Atlas.

La mise en scène, conforme à l’idéal cistercien, est austère, dépouillée et puissante. Si les moments de chant et de prière jalonnent le film, ceux de partage avec les villageois sont tout aussi émouvants.

Le film, intimiste et très réaliste, est bouleversant, à l’image du chemin de vie qu’a décidé d’emprunter, derrière Frère Christian (Lambert Wilson, formidable dans le rôle), toute la communauté. La scène du dernier repas que partagent les moines en écoutant le Lac des Cygnes est intense et magnifique.

Lambert Wilson dit au sujet du film « J’ai touché là un essentiel qui me correspond très bien ».

Allez-y.

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Goodbye Satoshi Kon…

Mardi, Satoshi Kon, maître de l’animation japonaise, est décédé des suites d’un cancer… A l’âge de 47 ans. Il est, entre autres, le réalisateur du génial Paprika (2006), film dans lequel deux enquêteurs cherchaient à récupérer une machine permettant de pénétrer le subconscient… Cela ne vous rappelle rien ? (Inception, pour ceux qui ne suivraient pas). A l’époque, j’étais restée scotchée, j’avais adoré…

Ses dernières paroles, sur son site internet, ont été : « Rempli de gratitude envers tout ce qui est bon dans ce monde, je pose mon stylo. Et bien, je vous quitte désormais. Satoshi Kon ».

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L’exception Inception

De mi-juin à début septembre, côté cinéma, on a bien souvent à choisir entre la peste (un bon film d’action US pourri) et le choléra (une bonne comédie romantique US pourrie). C’est bien dommage, c’est justement le moment où on adorerait profiter de la fraîcheur d’une salle obscure, et de la désertification qui sévit au mois d’août. On ne se laisse pas abattre, on file à la Cinémathèque ou dans une bonne vieille salle du quartier Latin, toujours constantes, elles, dans leur programmation.

Mais parfois, certains étés, on a de la chance, on ne comprend pas très bien ce qu’il se passe, on n’y croit presque pas, de très bons films sortent dans le circuit classique, ugc/mk2/pathé/gaumont  en plein mois de juillet, voire en aôut, sans la foule des grands événements oecuméniques que sont la fête du cinéma, le printemps du cinéma, bientôt l’été indien et le noël du cinéma, à laquelle on est habitués.

Hier, très en retard, j’ai donc vu Inception (Christopher Nolan), dans une salle quasi déserte, le rêve, avec clim mal réglée, moins drôle. Courez, ce film vaut le coup d’oeil, même si le scénario se révèle un peu compliqué (les rêves s’emboîtent, le rêve et le réel se mêlent)… Il laisse la porte ouverte aux interprétations (de manière assez facile à la fin, je n’en dirai pas plus, mais c’est à mon sens une des seules faiblesses du film, l’effort dans le dernier millimètre…), Di Caprio est exceptionnel, vraiment ; on retrouve l’actrice qui tenait le premier rôle dans Juno, Ellen Page ; Marion Cotillard, qui est parfaite dans le rôle ; et Joseph Gordon-Levitt, qui a, nous dit Grazia, le bon goût de porter des tee-shirts à l’effigie de Serge Gainsbourg, en plus d’être doté d’un physique plutôt avenant. On en retrouve plein d’autres aussi, qui participent aux séances de sommeil collectif… Pour faire vite, Leo et sa troupe, extracteurs de secrets qui s’introduisent dans les rêves, sont chargés cette fois d’implanter une idée (c’est la fameuse « inception ») dans l’esprit d’un jeune héritier.

En passant, j’ai vu la bande annonce du prochain Guillaume Canet, Les petits mouchoirs, qui sortira le 20 octobre 2010… Vivement la sortie !

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Tournée !

Bon, évidemment, étant fan de Mathieu Amalric, je ne pouvais pas ne pas y aller… Même si le new burlesque me laissait au départ assez dubitative, Amalric signe ici un film à la fois désenchanté et plein d’énergie et de générosité.

J’ai découvert la très jolie Mimi de Meaux qui y est absolument sublime et très touchante… De même que toutes les autres actrices du film.

Bref, courez-y !

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