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Le Chat du Rabbin

J’aime énormément l’univers qu’a su créer Joann Sfar dans cette série que j’ai découverte aux hasards des suppléments BD de Libé, un été. Dans le quartier juif de l’Alger du début du XXe siècle, le chat du Rabbin, capable de parler depuis qu’il a mangé le perroquet de Zlabya, la fille du rabbin, expose ses questionnements métaphysiques. Ce chat, doté d’un physique particulièrement ingrat avec ses grandes oreilles, son absence de poils et sa silhouette rachitique tente de répondre à cette question : « peut-on apprendre la Torah à un chat (qui parle) ? » Il doit en effet devenir un bon juif pour pouvoir continuer à passer du temps avec Zlabya. Mais loin d’apprendre bêtement, le chat pose des questions plus que pertinentes et n’hésite pas à contredire le rabbin et à questionner des points de doctrine. Il porte également un regard critique et amusant sur les « croyants » ; les amies de sa maîtresse… Après avoir aidé son maître à réussir une dictée (condition sine qua non pour qu’il conserve son poste de rabbin), le chat perd la parole… Il a osé invoquer le nom de l’Eternel… Je n’en dis pas plus !

C’est drôle (pas du tout « prise de tête », comme on pourrait le penser), très fin, superbement illustré (après, on aime ou pas le dessin de Sfar…) et l’atmosphère de l’Alger du début du siècle dernier est très bien recréée.

En bref, c’est l’une des séries de bandes dessinées que je relis régulièrement avec un plaisir toujours renouvelé… Et c’est suffisamment rare pour être noté !

Tome 1 : La Bar-Mitsva

Tome 2 : Le Malka des Lions

Tome 3 : L’exode

Tome 4 : Le Paradis Terrestre

Tome 5 : Jérusalem d’Afrique

L’adaptation cinématographique sous la forme d’un film d’animation en 3D sortira fin mars 2011, avec notamment les voix de François Morel (le chat), Maurice Bénichou (le rabbin) et Hafsia Herzi (Zlabya)

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Ouh La Vilaine… Lulu !

J’ai offert à l’une de mes meilleurs amies cette bande dessinée que l’on doit à Yves Saint Laurent. Je ne sais pas si elle l’a appréciée autant que moi, mais pour ma part, j’en ai vraiment beaucoup aimé le ton.

La Vilaine Lulu a été créée par Saint Laurent en 1956. Impertinente et parfois même franchement méchante, la Vilaine Lulu est toujours accompagnée de son gros rat blanc qui ne s’exprime qu’en anglais. Elle observe avec ironie le monde qui l’entoure, n’hésitant pas à donner son avis à grands renforts de « Schmuck » et de « Pluck« , ses deux expressions favorites.

Bien loin de Camille et Madeleine, Les Petites Filles Modèles de la Comtesse de Ségur, Lulu montre régulièrement sa culotte (Petit Bateau), joue des tours pendables à ses petits camarades à qui elle inspire à la fois terreur et fascination, fricote avec un vieux beau, Gontran Pontchartrin (qui a l’âge d’être son grand-père), boit, fume et gifle sa gouvernante. Sa tenue extravagante est inspirée d’un déguisement porté par un collaborateur de Saint Laurent, à l’époque où il travaillait chez Dior. On lit ainsi sur la quatrième de couverture :

« Nous étions jeunes et nous nous amusions beaucoup. Souvent, après six heures, un collaborateur de Christian Dior se déguisait. Un soir, il avait remonté ses pantalons jusqu’aux genoux. Je me souviens, il portait de longues chaussettes noires. Dans la cabine des mannequins, il avait trouvé un jupon de tulle rouge et un chapeau de gondolier. Tout petit, presque inquiétant, avec son air têtu et rusé, il m’avait impressionné et je lui avais dit : « Tu es la vilaine Lulu » ».

La BD a été récemment rééditée, dans sa version originale, aux éditions de La Martinière.

Au cas où on aurait eu quelques doutes après lecture ?

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